Hier le prêche

Hier, j’ai raconté à mes collègues ébahis la conversation que j’ai eue avec un inconnu dans la rue mercredi dernier. Oui, je louvoie, je sais que j’aurais dû l’écrire jeudi… Je rentrais chez moi, le pas rapide, les écouteurs vissés dans les oreilles quand soudain un homme d’une quarantaine d’année m’interpella pour me demander si j’écoutais de la bonne musique. N’étant pas du genre à ignorer les gens dans la rue alors que je converse régulièrement avec des “inconnus” sur Twitter, je lui ai simplement répondu que oui mais fut incapable de lui nommer le titre quand il me le demanda. Eh oui, difficile de connaître toute sa playlist…

Hier, j’expliquais donc au bureau la théorie de cet homme qui était en réalité, un prophète des temps modernes, celui de son quartier, à sa mesure, à son échelle. Après quelques minutes de discussion théologique légèrement divergente, cet homme m’a incité à dorénavant chanter au lieu d’écouter égoïstement mon iPod sans “partager” avec mon entourage le plaisir que j’avais à entendre certains titres. Pendant qu’il m’expliquait sa vision de la chose, je niai de toutes mes forces clamant que m’entendre chanter était la torture la plus atroce que l’on pouvait infliger à son pire ennemi. S’ensuivit un débat fort intéressant sur la foi, l’inspiration, le don. Bref, j’ai passé une bonne vingtaine de minutes à discuter avec ce bonhomme sur un bout de trottoir. Nous n’étions pas d’accord sur tout mais tous deux respections la vision de l’autre, assez juste dans les deux cas je pense.

Hier, on m’a pris pour un fou au travail, uniquement pour avoir pris le temps (j’aurais dit de mon côté eu la politesse) d’écouter ce prêche, de m’intéresser à ce que certaines personnes pouvaient m’apprendre. Et ce fut intéressant. Je ne chanterai toujours pas dans le métro pour autant et ne changerai pas mon mode de pensée mais ce que j’espère conserver à tout prix, c’est cette capacité d’écoute, d’empathie. Je croise les doigts pour ne pas devenir (et la tentation est parfois grande), une caricature de parisien au regard fuyant et aux idées arrêtées sur les choses. Mon bon ami, je te souhaite bon courage avec ta bataille et j’espère sincèrement que je croiserai un jour des personnes qui chantent dans la rue. Alors je penserai à toi.

Tags: WTF perso Weird
Comments
blog comments powered by Disqus
  1. hier a publié ce billet