Hier, suivre le chemin

Hier, Guillaume et Laure ont dû commencer leur épopée, entamer la difficile route qui les mènera vers le Pays Basque. Hier, c’est en 2017. La France est rationnée, chaotique, déchirée entre méfiance et élans de solidarité et c’est dans ce paysage que l’on imagine dévasté que le couple prépare son Odyssée.

Hier, sous la plume de William Réjault et Laurent Lattore, les personnages ont dû commencer à suivre le chemin que l’on trace pour eux. “On” parce que l’originalité de ce récit publié sur iPhone (et iPod touch… oui, parce que c’est important aussi) réside en sa capacité à laisser le lecteur influer sur l’histoire. Guillaume et Laure sont des produits sociaux, des personnages inachevés au destin incertain que les lecteurs s’emploient à malmener au gré de leurs envies. Toutes les semaines, trois chapitres sont téléchargeables et les lecteurs sont invités à les commenter. Mais au-delà du simple partage d’impressions peuvent suggérer aux auteurs des idées nouvelles, leur proposer des défis.

Hier encore, je réalisais à quel point j’aurais aimé de temps en temps glisser un mot à l’oreille de mes auteurs favoris, mieux encore, me savoir écouté et compris. Ce que nous offrent William et Laurent, c’est cette attention, cette considération. J’ai, depuis le début joué le jeu de cette aventure. J’aurais profondément regretté de ne pas franchir cette porte que l’on m’entrouvre d’autant plus qu’on est chaleureusement accueilli sur le site du roman. Sceptique au début, j’ai rapidement ravisé mon jugement et mes commentaires là bas en témoignent. L’idée de savoir que j’ai été lu et écouté ne fait que renforcer mon impatience à l’idée de lire les pages suivantes.

Hier, enfin, je me disais que l’on oubliait trop souvent le travail de Blüpan qui assure une logistique phénoménale quand on connaît les process d’Apple, les délais de validation des applications dans l’App Store et qui signe, ergonomiquement et créativement une application élégante et fluide. En amoureux des livres qui sentent la poussière, en novice du kindle, je m’imaginais mal un jour succomber à la lecture sur iPhone. Merci de l’avoir rendu la plus agréable possible…

Hier, des personnes pour lesquelles, j’éprouve certes une profonde amitié, mais également une grande estime face à leur jugement ont aussi salué la qualité de l’exercice. C’est le cas du petit Florian et de Mathilde (ambassadrice de talent pour M6) chez qui vous retrouverez d’ailleurs tous les liens utiles pour approfondir le sujet.

Hier, Guillaume et Laure ont dû traverser de nouvelles embûches que nous ne découvrirons que dans quelques jours, composer avec un compagnon de voyage étrange en la personne de Clément et éventuellement retrouver le Maire mystérieux… Je suis captif de ce récit mais n’y a-t-il pas de plus belles prisons que celles qui s’écrivent avec des mots ?
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Hier des projets pour demain

Hier, mon rythme cardiaque a changé. Il ne s’est pas brièvement accéléré mais a pris des accents nouveaux d’intensité. Mon cœur bat de façon plus sourde, il résonne davantage dans ma poitrine, réveille mon thorax comme on bat un fer chaud. Mes vaisseaux sanguins se gonflent, mes yeux s’injectent d’hémoglobine et d’adrénaline. J’ai cette lueur dans les yeux.

Hier, j’ai ressenti cette excitation qui me manquait depuis un moment. Cela faisait bien trop longtemps que je ne vibrais plus assez, que je ne me lançais pas de nouveaux défis. Il y a certes eu timidement les retrouvailles avec un tumblr complaisant, les superbes rencontres de twitter, mais aussi la reprise de l’écriture d’un roman. Alors modérons tout de suite ce point. La discipline exemplaire de Matthias quand il écrit et les talents de cheerleading d’Alex ont beau me laisser croire que je vais pouvoir à m’y remettre sérieusement, en toute honnêteté intellectuelle, je ne le conçois que difficilement. Enfin, laissons pour le moment les conceptions raisonnées, c’est de cœur dont il s’agit aujourd’hui. J’ai sûrement tort mais au moins autant besoin d’y croire.

Hier, tous ces petits pas, faits prudemment, l’un après l’autre, au hasard de chemins sinueux ont fini par déboucher sur une plus grande route. Bref, des projets plein la tête depuis hier, rien d’important en soi (je ne sauverai pas le monde demain, garde ton Prix Barack) mais de nouvelles petites choses qui me font à nouveau me sentir fébrile, excité et impatient.

Hier, je trépignais comme un enfant en pensant aux projets pour demain.

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Hier, inventer la vie dans le métro

Hier, et une fois n’est pas coutume, je dévisageais un inconnu dans le métro. Cela m’arrive fréquemment quand en face de moi se tiennent des visages atyiques, des vieillards sur les rides desquels on lit une histoire, des hommes qui sourient la machoire tirée vers le bas ou des bandes de filles riant vulgairement aux éclats.

Hier, comme souvent, je me suis mis à imaginer l’histoire, la vie de la femme qui se tenait devant moi dans le métro. Rentrer dans son appartement solitaire, ouvrir par reflexe la boîte aux lettres en guettant le relevé de chèques lui annonçant si ce mois ci, sa pension lui avait été versée. Rouler dans sa main le prospectus Carrefour sur lequel elle entourerait les produits qu’elle achèterait la prochaine fois qu’elle s’y rendrait.
Deux étages montés à pied, un tour de clé difficile dans la porte en bois vert qu’il faut tirer et soulever avant de pouvoir l’ouvrir, un tintement de clés jetés dans un vide poche en céramique grise, un imperméable à la poche droite légèrement décousue lancée à la volée sur le canapé de l’unique pièce. Passage par la salle de bains où les yeux déjà tombant de fatigue et d’épuisement s’affaissent un peu plus à la vue d’une crinière rousse indomptable et mal teinte. un vague coup de brosse vain alors qu’elle soupire. Un haussement d’épaules. Une résignation, pour ça comme pour la vaisselle qui continue de s’amonceler dans l’évier où stagne une eau de plus en plus trouble, comme pour ce cendrier qui déborde, comme pour ces sous-vêtements qui jonchent le pied du canapé.

Hier, à ce moment là, la femme s’est levée, est sortie du métro, les yeux vifs, le pas léger, s’est précipitée sur le quai dans les bras d’un jeune homme, l’a fougueusement embrassé alors qu’il caressait sa chevelure rebelle. Puis elle s’est penchée vers la fillette qui l’accompagnait, lui a tendrement déposé un baiser sur le front, lui a pris la main. Heureux, tous les trois se sont dirigés vers la sortie. Mon métro sonna, les portes se refermèrent et je poursuivis ma route.

Hier, comme souvent, j’ai imaginé la vie de mes voisins de métro et j’étais loin du compte.

Tags: perso ecriture
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