Hier ou la contemplation

Hier j’ai marqué des temps d’arrêt. Je n’immortalise jamais rien d’ordinaire. Je voyage sans appareil photo, ne fige rien sur papier, encore moins sur disque dur. C’est uniquement lors de mes séjours les plus récentes que j’ai commencé à prendre quelques vagues clichés médiocres pour rapporter quelques images aux amis pour illustrer mes récits de vacances. Le tout, à leur demande. Mais je préfère en général compter sur ma mémoire et ses failles. Oublier certains passages, en sublimer d’autres, me souvenir d’un ciel plus bleu, de personnes plus souriantes, d’un soleil plus lumineux, de paysages encore plus surprenants… continuer à rêver une fois rentré en somme.

Hier, machinalement, je me suis surpris à faire de même dans mon quotidien. Il m’arrive de plus en plus de marquer des temps d’arrêt, de faire le point, de contempler deux secondes une situation, une image qui se présente à mon regard. La mécanique est toujours la même. S’arrêter, profiter, regarder profondément, graver dans son esprit, apprécier, se souvenir qu’on a de la chance de vivre cet instant, cligner des yeux, repartir.

Hier, j’ai gravé beaucoup d’images dans mon esprit, ai beaucoup souri et ai stocké pour longtemps des scènes de ma vie qui évolueront avec moi. Rien ne sera précis, rien ne sera exact mais tout sera chargé d’émotion quand le temps viendra de se les remémorer. Après tout, les meilleurs souvenirs ne sont-ils pas ceux que l’on peut travestir ?

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