Hier, tremblement et Coca Light

Hier, le ciel se déchirait, la terre tremblait, la mer se déchaînait et moi, je n’avais plus de Coca Light.

Hier, les pleurs, cris et prières s’élevaient des bouches baveuses, ruisselantes de douleur et je pestais, contrarié par le claquement du volet mal arnaché de mon voisin.

Hier, des larmes s’échappaient d’yeux rougis par le désespoir, plissés sous le poids de la fatalité et je me réjouissais du spectacle délicieusement navrant des César.

Hier, des familles perdaient des proches ou pire, l’électricité, les privant d’un prime en clair de Canal +. Les JT s’ouvrent sur les innondations en Vendée, Adjani qui geint, mais pas sur le Chili, le Japon, les Philippines. Merci à ma télé de me protéger mais laissez-moi deux secondes me souvenir que j’ai de la chance…

Hier, trois minutes plus tard, après un passage éclair à mon Carrefour city ouvert jusqu’à 23 heures 45, j’entamais mon Frigo Pack.

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Hier, à Lille

Hier, les visages ruisselants des passagers en partance fixaient le panneau d’affichage des voies au départ. La Gare du Nord reprenait son souffle. Il avait fallu presser le pas, les bras chargés de valises pour se mettre à l’abri de la pluie. Nous levions tous la tête jusqu’à l’apparition du fameux numéro “18”. Comme un seul homme, soulagés de n’avoir pas vu la terrible mention “retard 10 mn”, annonciatrice d’une heure de retard, nous avons longé le quai pour nous engouffrer le plus rapidement possible dans un mini-TGV-lego.

Hier, je me rendais à Lille…

Hier, au-delà d’une arrivée ponctuelle en gare, j’ai été surpris par la douceur de la météo quand je contemplai la Grand Place sous un ciel parfaitement bleu. Je profitai des quelques minutes d’avance que j’avais pour me promener dans les rues avoisinantes, admirant les façades, dévisageant les faces grasses des touristes engloutissant leurs moules sur les terrasses.

Hier, j’ai donc eu l’occasion de rencontrer @Vadim_P après quelques mois d’échanges électroniques. Ce qui est étonnant, c’est que ni lui ni moi ne nous souvenions de l’occasion par laquelle nous étions rentrés en contact. Peu importait au fond car nous avions de nombreuses choses à nous raconter. Nos histoires, nos coups de cœur littéraires etc. J’écoutais avec passion, presque avidité ce qu’il m’apprenait sur lui ou sur ses auteurs favoris. Une quinzaine d’heures de discussion et pas une minute d’ennui.

Hier, par son intermédiaire, j’ai également eu l’opportunité de rencontrer une autre personne à l’esprit brillant et la culture assommante (dans le bon sens du terme). Bref, @pierre_d_ , c’est le genre de mec capable de m’écouter divaguer la moitié de la nuit sur l’approche systémique de la médecine orientale, sur la cosmogonie de la pensée grecque réduite à néant par Descartes et pire encore, à s’y intéresser, à comprendre et à poursuivre le débat.

Hier, une fois de plus, j’ai appris de nombreuses choses au contact de personnes passionnées, étonnantes et accueillantes. Bref, hier, c’était une excellente journée et une soirée mémorable… Merci les gars !

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Hier le prêche

Hier, j’ai raconté à mes collègues ébahis la conversation que j’ai eue avec un inconnu dans la rue mercredi dernier. Oui, je louvoie, je sais que j’aurais dû l’écrire jeudi… Je rentrais chez moi, le pas rapide, les écouteurs vissés dans les oreilles quand soudain un homme d’une quarantaine d’année m’interpella pour me demander si j’écoutais de la bonne musique. N’étant pas du genre à ignorer les gens dans la rue alors que je converse régulièrement avec des “inconnus” sur Twitter, je lui ai simplement répondu que oui mais fut incapable de lui nommer le titre quand il me le demanda. Eh oui, difficile de connaître toute sa playlist…

Hier, j’expliquais donc au bureau la théorie de cet homme qui était en réalité, un prophète des temps modernes, celui de son quartier, à sa mesure, à son échelle. Après quelques minutes de discussion théologique légèrement divergente, cet homme m’a incité à dorénavant chanter au lieu d’écouter égoïstement mon iPod sans “partager” avec mon entourage le plaisir que j’avais à entendre certains titres. Pendant qu’il m’expliquait sa vision de la chose, je niai de toutes mes forces clamant que m’entendre chanter était la torture la plus atroce que l’on pouvait infliger à son pire ennemi. S’ensuivit un débat fort intéressant sur la foi, l’inspiration, le don. Bref, j’ai passé une bonne vingtaine de minutes à discuter avec ce bonhomme sur un bout de trottoir. Nous n’étions pas d’accord sur tout mais tous deux respections la vision de l’autre, assez juste dans les deux cas je pense.

Hier, on m’a pris pour un fou au travail, uniquement pour avoir pris le temps (j’aurais dit de mon côté eu la politesse) d’écouter ce prêche, de m’intéresser à ce que certaines personnes pouvaient m’apprendre. Et ce fut intéressant. Je ne chanterai toujours pas dans le métro pour autant et ne changerai pas mon mode de pensée mais ce que j’espère conserver à tout prix, c’est cette capacité d’écoute, d’empathie. Je croise les doigts pour ne pas devenir (et la tentation est parfois grande), une caricature de parisien au regard fuyant et aux idées arrêtées sur les choses. Mon bon ami, je te souhaite bon courage avec ta bataille et j’espère sincèrement que je croiserai un jour des personnes qui chantent dans la rue. Alors je penserai à toi.

Tags: WTF perso Weird
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